« Caisses » d’après Christophe Tarkos, une pièce mise en scène par Thierry Bordereau

« Je vis parce qu’il est agréable de vivre.
Je sais pourquoi je vis. Je vis parce que cela me fait plaisir. J’ai bien vu que c’est agréable d’être vivant, qu’il y a des plaisirs. Si je suis en vie, c’est que je trouve qu’il est agréable de vivre, ainsi j’ai décidé de vivre… »
Christophe Tarkos
Extrait de « Caisses » (1998, éditions P.O.L)

caisses-tarkos-locussolus

Une escapade ce week end du côté de Lyon, précisément au Théâtre Jean Vilar – hors les murs à Bourgouin-Jallieu, m’a enfin permis de voir l’adaptation théâtrale de « Caisses » d’après Christophe Tarkos (éditions P.O.L) proposée par la Plateforme Locus Solus. Une mise en scène de Thierry Bordereau.
Certainement la mise en scène la plus convaincante et marquante de textes de Tarkos sur les trois que j’ai pu voir cette saison.
Celle qui laisse le mieux respirer les textes de Christophe Tarkos, leurs laissant dans leur apparente simplicité toute leur richesse de sens. Permettant les variations d’émotions les plus subtiles.
Trop vite certains metteurs en scène ont tendance à tirer les textes de Tarkos vers une lecture univoque.
La version de Thierry Bordereau permet une écoute active, libre. Une réussite.

Pierre Grammont, comédien, trouve les intonations justes pour porter les univers de ces textes de Tarkos. Les mots en germes se déploient ici dans toutes leurs dimensions. Fragile et tellurique. Mental et physique. Un travail impeccable de funambule, un jeu sur le rasoir, sans effets, toujours au plus juste des textes. Remarquable.

Aussi important sur scène, la musique est un interprète à part entière, jouée en direct et composée par Bruno Fleutelot. Le musicien trouve pareillement la distance juste pour favoriser l’écoute du texte, susciter le dialogue entre le comédien et le spectateur. Loin de toute tentation d’illustration. Tissant subtilement des liens entre univers mental et physique. Inventif. Stimulant !

Bref, programmateurs de partout, amoureux du théâtre et de Christophe Tarkos, cette pièce est faite pour vous !

caisses-tarkos-locussolus01

 

« CAISSES, c’est une rêverie sur l’Homme. Les yeux se ferment, les corps se détendent, les oreilles écoutent, les yeux se rouvrent et tout un monde remonte à la surface : des caisses, des photos, des petites histoires, des gens, des caisses, un projecteur diapo, une grosse caisse en bois, un scanner, des histoires drôles, des projections sur une nappe, des histoires amères, un cercueil, des numéros étranges, des cuites, des caisses encore, un peu d’humour noir, une vache qui rumine comme il faut ruminer sa langue pour continuer de la faire travailler, un hypothétique voyage en caisse, une invitation comme un rendez-vous manqué, deux chaises sorties d’une caisse, des outils, des petites architectures existentielles, un marteau, des fragments d’humanité, des fragments d’existence – parce que les existences ne sont rien d’autre que ces assemblages précaires, ces mobiles suspendus au dessus du vide… »
Thierry Bordereau

parler à l’autre
« L’histoire est là, aussi : chaque texte est un fragment, un indice qui permet petit à petit de reconstituer une vie.
À mesure qu’ils sont dits, une histoire se dessine. Mais cette parole finit elle aussi par s’échapper…
Comme si l’homme qui parle n’en était pas conscient : c’est presque malgré lui que sa parole, cocasse, naïve, obsédante, sort de sa bouche et tresse son histoire délirante.
Lui, il ne fait qu’observer, interroger le monde.
Et s’adresser au public.
Sans cesse. Comme si c’était vital. Sans le public, il tombe, il meurt. Comme une marionnette, comme un clown. Alors, sans quitter leur siège, les spectateurs deviennent les partenaires principaux du jeu.
Investis d’un rôle : l’ami, le confident, le meurtrier, l’amant… ils deviennent acteurs d’une relation qui les touche, responsables d’une vie qui se déploie sous leurs yeux. »
Thierry Bordereau

Mise en scène : Thierry Bordereau
Musique : Bruno Fleutelot
Jeu : Pierre Grammont

Installation plastique : Philippe Sommerhalter
Installation lumières : Nicolas Jarry
Coproduction : Plateforme Locus Solus – C.D.N. de Bourgogne – Festival Why Note

(Photos extraites du spectacle, DR La Plateforme Locus Solus)

Advertisements

Publier un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s