Nuit du livre audio : une soirée de lectures à la médiathèque Malraux à Strasbourg

Dans la nuit des voix se lèvent. Mots de femmes et d’hommes pour dire la palpitation de la vie au milieu du chaos, des abîmes. Surgit alors le singulier, le pluriel. Loin de la masse, de la foule ou de la meute. Des récits pour conjurer les sombres prophéties. Des femmes et des hommes qui nous invitent à rester debout. Qui disent l’humanité toujours présente, dans la succession des siècles des ténèbres.

Sur le mur, à l’arrière de la scène, des traits prennent forment pour relier des destins. Des dessins projetés, réalisés en direct, comme le souffle du musicien, font naître des paysages propices aux dialogues entre ceux qui écoutent et ceux qui lisent à haute voix. Un bout de nuit éclairée. Partagé.


C’était lors de la très belle Nuit du livre audio, soirée de lectures à hautes voix organisée par Cécile Palusinski et l’association La Plume de Paon, avec la complicité des équipes de la Médiathèque Malraux à Strasbourg.

Textes extraits de :
Si c’est un homme de Primo Levi, Charlotte de David Foenkinos, La peau dure de Fernanda Garcia Lao, La dernière fugitive de Tracy Chevalier, La Peste écarlate de Jack London, Des croix sur les murs de Christophe Rioux et La Nuit d’Elie Wiesel.

Lus par Raphaël Enthoven, Yves Heck, Marie-Françoise Coelho, Benjamin Jungers, Hugo Becker, Christophe Rioux et Guila Clara Kessous.

Dessins : Florian Duchesne, Elsa Mroziewicz Hannah Lafargue, Danrong Yu et Huginn Muninn.

Musiques improvisées : Leo Stern.

Et si vous aimez les lectures à hautes voix, rendez-vous sur le site de La Plume de Paon, foisonnante entrée vers l’univers des livres audio.

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Festival Etonnants Voyageurs 2013 | Saint-Malo

Trois jours en mode turbo, comme d’habitude. Intenses et riches en découvertes. Passées en un coup de vent. Frisquet cette année 🙂

Velibor Colic

« Croire en la littérature ! »

Un des moments forts du festival Etonnants Voyageurs 2013. Dimanche 20 mai 2013 au Palais du Grand Large à Saint-Malo. Dans le cadre de « l’Edinburgh world writers conference 2012/2013 » / Année mondiale de la littérature.

« Vous pouvez tuer toutes les hirondelles, vous n’empêcherez pas le Printemps d’arriver »

Velibor Čolić – extrait de « Le chant des guerriers – La littérature nationale », sa contribution pour le débat « Y a-t-il une littérature nationale ? »

Lire le texte en anglais (en attendant la traduction française) 

Marie Frering : Lumière noire

Hier, rencontre avec Marie Frering à l’occasion de la parution de son roman « Lumière noire » (Kyklos Editions) à la Librairie des Bateliers à Strasbourg.

photo © alain walther
photo © alain walther

« Lumière Noire est un espace en soi. Comme une grotte offerte à chaque lecteur pour se protéger des radiations de la bêtise et une aventure pleine d’aspérités et de sens pour y accrocher son esprit. « Les penseurs se trompent lorsqu’ils méprisent les romans d’aventures (…) Cooper, Verne, Twain, Defoe, Stevenson ! Ce sont des inventeurs de chemins, des visionnaires ! Ils sont les alchimistes de la philosophie, les explorateurs du gai savoir ! »
(Eric Dussert, le Matricule des anges, avril 2013)

« Caisses » d’après Christophe Tarkos, une pièce mise en scène par Thierry Bordereau

« Je vis parce qu’il est agréable de vivre.
Je sais pourquoi je vis. Je vis parce que cela me fait plaisir. J’ai bien vu que c’est agréable d’être vivant, qu’il y a des plaisirs. Si je suis en vie, c’est que je trouve qu’il est agréable de vivre, ainsi j’ai décidé de vivre… »
Christophe Tarkos
Extrait de « Caisses » (1998, éditions P.O.L)

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Une escapade ce week end du côté de Lyon, précisément au Théâtre Jean Vilar – hors les murs à Bourgouin-Jallieu, m’a enfin permis de voir l’adaptation théâtrale de « Caisses » d’après Christophe Tarkos (éditions P.O.L) proposée par la Plateforme Locus Solus. Une mise en scène de Thierry Bordereau.
Certainement la mise en scène la plus convaincante et marquante de textes de Tarkos sur les trois que j’ai pu voir cette saison.
Celle qui laisse le mieux respirer les textes de Christophe Tarkos, leurs laissant dans leur apparente simplicité toute leur richesse de sens. Permettant les variations d’émotions les plus subtiles.
Trop vite certains metteurs en scène ont tendance à tirer les textes de Tarkos vers une lecture univoque.
La version de Thierry Bordereau permet une écoute active, libre. Une réussite.

Pierre Grammont, comédien, trouve les intonations justes pour porter les univers de ces textes de Tarkos. Les mots en germes se déploient ici dans toutes leurs dimensions. Fragile et tellurique. Mental et physique. Un travail impeccable de funambule, un jeu sur le rasoir, sans effets, toujours au plus juste des textes. Remarquable.

Aussi important sur scène, la musique est un interprète à part entière, jouée en direct et composée par Bruno Fleutelot. Le musicien trouve pareillement la distance juste pour favoriser l’écoute du texte, susciter le dialogue entre le comédien et le spectateur. Loin de toute tentation d’illustration. Tissant subtilement des liens entre univers mental et physique. Inventif. Stimulant !

Bref, programmateurs de partout, amoureux du théâtre et de Christophe Tarkos, cette pièce est faite pour vous !

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« CAISSES, c’est une rêverie sur l’Homme. Les yeux se ferment, les corps se détendent, les oreilles écoutent, les yeux se rouvrent et tout un monde remonte à la surface : des caisses, des photos, des petites histoires, des gens, des caisses, un projecteur diapo, une grosse caisse en bois, un scanner, des histoires drôles, des projections sur une nappe, des histoires amères, un cercueil, des numéros étranges, des cuites, des caisses encore, un peu d’humour noir, une vache qui rumine comme il faut ruminer sa langue pour continuer de la faire travailler, un hypothétique voyage en caisse, une invitation comme un rendez-vous manqué, deux chaises sorties d’une caisse, des outils, des petites architectures existentielles, un marteau, des fragments d’humanité, des fragments d’existence – parce que les existences ne sont rien d’autre que ces assemblages précaires, ces mobiles suspendus au dessus du vide… »
Thierry Bordereau

parler à l’autre
« L’histoire est là, aussi : chaque texte est un fragment, un indice qui permet petit à petit de reconstituer une vie.
À mesure qu’ils sont dits, une histoire se dessine. Mais cette parole finit elle aussi par s’échapper…
Comme si l’homme qui parle n’en était pas conscient : c’est presque malgré lui que sa parole, cocasse, naïve, obsédante, sort de sa bouche et tresse son histoire délirante.
Lui, il ne fait qu’observer, interroger le monde.
Et s’adresser au public.
Sans cesse. Comme si c’était vital. Sans le public, il tombe, il meurt. Comme une marionnette, comme un clown. Alors, sans quitter leur siège, les spectateurs deviennent les partenaires principaux du jeu.
Investis d’un rôle : l’ami, le confident, le meurtrier, l’amant… ils deviennent acteurs d’une relation qui les touche, responsables d’une vie qui se déploie sous leurs yeux. »
Thierry Bordereau

Mise en scène : Thierry Bordereau
Musique : Bruno Fleutelot
Jeu : Pierre Grammont

Installation plastique : Philippe Sommerhalter
Installation lumières : Nicolas Jarry
Coproduction : Plateforme Locus Solus – C.D.N. de Bourgogne – Festival Why Note

(Photos extraites du spectacle, DR La Plateforme Locus Solus)