« Eaux troubles, eaux calmes » : exposition photo collective proposée par François Hébel à la Fondation François Schneider à Wattwiller

Dehors, le parc à la lisière de la forêt, les fontaines en mouvement. Ce jour-là, le ciel dans la tourmente hésite entre tempête couleurs charbon et bleu estival. Dedans, une exposition. Des images pour dire, faire ressentir le grand dehors et le grand dedans.

Un thème : l’eau. Constante de la Fondation François Schneider, dédiée aux arts contemporains et à cette thématique, source de l’eau minérale Wattwiller oblige. Avantage : le thème de l’eau, tellement ouvert, permet à chaque fois aux artistes ou aux commissaires invités de convoquer des imaginaires très différents.

« Eaux troubles, eaux calmes » exposition photo collective proposée par François Hebel à la Fondation François Schneider à Wattwiller (photo : alain walther) 
Eaux troubles, eaux calmes : exposition photo collective proposée par François Hebel à la Fondation François Schneider à Wattwiller (photo : alain walther)

Cet été, c’est au tour de François Hébel de répondre à l’invitation de la Fondation. L’ancien directeur de Magnum et des Rencontres de la photo d’Arles, actuel directeur de la biennale FOTO / INDUSTRIA à Bologne, propose une exposition autour de photographes aux univers contrastés, aux démarches singulières, offrant aux visiteurs une exposition cohérente, dense où les oeuvres se frottent, se répondent et dessinent une géographique vagabonde et intime. Entre eaux troubles et eaux calmes.

« Eaux troubles, eaux calmes » exposition photo collective proposée par François Hebel à la Fondation François Schneider à Wattwiller (photo : alain walther) 

« Eaux troubles, eaux calmes » exposition photo collective proposée par François Hebel à la Fondation François Schneider à Wattwiller (photo : alain walther) 
Eaux troubles, eaux calmes : exposition photo collective proposée par François Hebel à la Fondation François Schneider à Wattwiller (photos : alain walther)

Entretien avec François Hébel, commissaire de l’exposition à la Fondation François Schneider à Wattwiller.

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« Reset Modernity ! » Dans une exposition des plus stimulante au ZKM à Karlsruhe, Bruno Latour nous invite à explorer Gaïa et à « réinitialiser » notre relation à la Terre. À imaginer un nouveau monde.

Il est des expositions, comme de certains livres, oeuvres ou rencontres, d’où l’on ressort avec plus de questions que de réponses. Ce sont les plus fortes souvent. Reset Modernity !  proposée actuellement au ZKM | Zentrum für Kunst und Medientechnologie Karlsruhe est de cette trempe. Une passionnante et stimulante proposition de Bruno Latour et de son équipe. Une conclusion (provisoire j’espère) à un cycle non moins revigorant d’expositions et de rendez-vous proposés pendant un an de l’été 2015 à l’été 2016 par Peter Weibel, et les équipes du ZKM, dans le cadre de Globale / Digitale.

À voir également en complément, les expositions : Territorial Agency : Museum of Oil et Armin Linke : The appearance of that which cannot been seen, tell 2.

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Reset Modernity ! est une exposition-expérience bouleversante, au sens presque premier du mot, faite pour tenter de changer notre regard sur notre monde. Une proposition pour essayer de rendre sensible, au travers d’une sélection d’oeuvres et d’installations, le désarroi que nous éprouvons à ne plus avoir de repères et le besoin de « cartographier » à nouveau la terre avec de nouveaux outils et une approche nouvelle, de « réinitialiser » notre relation avec la terre. De réparémétrer notre rapport au monde. De revoir notre façon de faire « société ».

Pour aller vite, disons que Bruno Latour, dans la suite de ses travaux menés depuis des années en tant que philosophe et anthropologue, considère que notre monde tel qu’appréhendé depuis longtemps, celui du « globe », celui que l’homme pensait maitriser et dominer, à force d’exploitation des ressources et de volonté de progrès mal maîtrisé parce que mal évalué (l’homme étant placé au-dessus de tout) est au bord d’une « apocalypse ». Les dérèglements climatiques et écologiques étant les signes concrets et des preuves pour le moins implacables.

À l’entrée de l’exposition, la vidéo de Pauline Julier donne le ton… | Pauline Julier, after. (2012, vidéo, 8,33mn)

Il est temps de reconsidérer la place de l’homme sur terre. Pas au-dessus de la terre, mais au-dedans. Il est temps de remettre les mains, les pieds et la pensée dans le sol de la terre. Aller voir ce qui se passe au plus profond. Il est temps de faire face à Gaïa. Préciser que « Gaïa » est un terme repris et reformulé par Bruno Latour, à la suite de l’écologiste anglais James Lovelock, pour tenter définir la terre comme un ensemble complexe (géographique, écologique, économique, social, politique…) avec lequel il faut trouver un nouvel équilibre. Ne pas entendre Gaïa ici, comme le mot est de plus souvent utilisé par certains, dans une acception, disons, plus New Age. Ici il est question de reformuler une géographie, une géopolitique. Ce que Bruno Latour appelle une « gaïagraphie », une « gaïapolitique ». Car s’il est juste capital de réinitialiser nos instruments et notre vision du monde, il est vital de la transformer en une politique.

No Future, Vive l’Avenir

Nous vivons une époque qui présente certaines similitudes avec les XVe/XVIe siècles. Pourrons-nous aussi imaginer et construire une « renaissance » ?

« Nous découvrons une nouvelle terre, qui n’est pas en extension, qui s’ajouterait aux autres terres, mais une terre en intensité en quelque sorte. C’est la terre qui a une nouvelle forme, qui sous nos propres pas — une terre que l’on croyait connaitre — se trouve en situation d’agitation et de modification qui dépasse nos capacités de cartographier, d’enquêter, qui exige — et c’est un des points très importants pour nous à Sciences Po —, la fusion, du moins la collaboration des disciplines de de sciences sociales, économiques et scientifiques. À partir du moment où les humains sont devenus une force géologique, la distinction entre sciences sociales et sciences naturelles n’a plus beaucoup de sens.

La politique de développement et de conquête de l’Empire espagnol au XVIe siècle, résumée par la devise « Plus ultra », toujours en vogue, continuée et accentuée depuis, doit laisser la place à un « plus intra ».

Il va falloir aller à l’intérieur des conditions de vie, dans un espace et dans un temps qui ont changé de forme, développer des habitudes d’innovation très profondément différentes de celles que nous développions quand nous avions un « futur ».

Tout est instable désormais ! Après avoir connu une « géopolitique stable » (on s’égorgeait dans un cadre somme toute stable — géo restait stable, la politique bougeait), maintenant avec une « gaïapolitique », les deux choses sont instables : la politique et la terre. »

– Bruno Latour.
Propos retranscrits à partir d’une conférence
No Future. Vive l’Avenir. Le futur, la prospective et l’innovation,
le 4 décembre 2013 à Sciences Po à Paris

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Site réactivé…

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Le blog de La zone de silence est « réactivé » après presque une année d’interruption. Année où je me suis consacré plus activement dans quelques autres projets, dont La croisée des routes, une plateforme culturelle autour du voyage.
L’envie est forte de revenir vers « mon petit habitat web » pour y développer de nouveaux projets. Le chantier sera permanent.
Le blog devient un site : « La zone de silence | culture media conseil ».
J’imagine continuer à y glisser mes carnets de notes griffonnées et des images prises lors mes pérégrinations, souvent liées à des actualités culturelles et artistiques, dans la région (Alsace et ailleurs, notamment de l’autre côté des frontières allemandes et suisses), mais il s’ouvrira aussi plus largement à mes activités professionnelles autour des pratiques de médiations culturelles et numériques.

À bientôt.

Carte blanche à Marie NDiaye au TNS

« Lire, puis commencer à écrire, comme une évidence.
Enfant, si je pouvais aisément me passer de jouer, ne pas lire et écrire m’était impossible. »
— Marie NDiaye
au TNS, 24 mai 2016

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Marie NDiaye, Stanislas Nordey et Frédéric Vossier | soirée carte blanche au TNS (photo : alain walther)

Puis un peu plus tard, en réponse à une question sur quelques-uns de ses livres de chevets (outre Le partage de midi de Paul Claudel), ce beau lapsus que je ne peux m’empêcher de rapporter : « La pièce de Jean Genet la plus chère à mon corps c’est Les bonnes.» Corps et coeur, décidément.

Instantanés de la soirée Carte blanche avec Marie NDiaye, auteure associée au Théâtre National de Strasbourg, dans le cadre de L’autre saison du TNS.

Nuit du livre audio : une soirée de lectures à la médiathèque Malraux à Strasbourg

Dans la nuit des voix se lèvent. Mots de femmes et d’hommes pour dire la palpitation de la vie au milieu du chaos, des abîmes. Surgit alors le singulier, le pluriel. Loin de la masse, de la foule ou de la meute. Des récits pour conjurer les sombres prophéties. Des femmes et des hommes qui nous invitent à rester debout. Qui disent l’humanité toujours présente, dans la succession des siècles des ténèbres.

Sur le mur, à l’arrière de la scène, des traits prennent forment pour relier des destins. Des dessins projetés, réalisés en direct, comme le souffle du musicien, font naître des paysages propices aux dialogues entre ceux qui écoutent et ceux qui lisent à haute voix. Un bout de nuit éclairée. Partagé.


C’était lors de la très belle Nuit du livre audio, soirée de lectures à hautes voix organisée par Cécile Palusinski et l’association La Plume de Paon, avec la complicité des équipes de la Médiathèque Malraux à Strasbourg.

Textes extraits de :
Si c’est un homme de Primo Levi, Charlotte de David Foenkinos, La peau dure de Fernanda Garcia Lao, La dernière fugitive de Tracy Chevalier, La Peste écarlate de Jack London, Des croix sur les murs de Christophe Rioux et La Nuit d’Elie Wiesel.

Lus par Raphaël Enthoven, Yves Heck, Marie-Françoise Coelho, Benjamin Jungers, Hugo Becker, Christophe Rioux et Guila Clara Kessous.

Dessins : Florian Duchesne, Elsa Mroziewicz Hannah Lafargue, Danrong Yu et Huginn Muninn.

Musiques improvisées : Leo Stern.

Et si vous aimez les lectures à hautes voix, rendez-vous sur le site de La Plume de Paon, foisonnante entrée vers l’univers des livres audio.

« The ventriloquists convention » de Gisèle Vienne au TJP CDN d’Alsace

Très heureux d’avoir pu voir, hier soir lors de la dernière représentation à Strasbourg, The ventriloquists convention de Gisèle Vienne au TJP CDN d’Alsace à Strasbourg, en partenariat avec le Maillon Théâtre.

Magnifique !!!

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« The ventriloquists convention » de Gisèle Vienne au TJP CDN d’Alsace (photo : alain walther)

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Exposition « Haroon Mirza / hrm199 Ltd » au Tinguely-Museum à Basel.

Après quelques mois d’inactivité, il est temps de remettre le clavier en activité. « La zone de silence » is back ! 😉

Commençons avec un coup de coeur.

Ça grésille, vrombit, clignote, flashe, grince, bouillonne, vibre, pulse… Tous les sens sont en alerte. Puis tout se calme. Ou presque… En boucle. Au gré des flux électriques et des impulsions captées.

Exposition « Haroon Mirza / hrm199 Ltd », actuellement au Tinguely-Museum à Basel.

Exposition « Haroon Mirza / hrm199 Ltd » au Tinguely-Museum à Basel, été 2015 (photo : alain walther)
Exposition « Haroon Mirza / hrm199 Ltd » au Tinguely-Museum à Basel, été 2015 (photo : alain walther)

Les installations de Haroon Mirza ne se livrent pas immédiatement. Elles ne sont pas nécessairement séduisantes dans l’instant. Elles peuvent nous laisser désemparés. Déstabilisés. Elles nous invitent à modifier notre vision, notre écoute, du monde autour de nous. Elles demandent du temps. D’autant qu’elles dialoguent avec beaucoup d’à propos avec des oeuvres d’autres artistes, dont celles de Jean Tinguely. Lire la suite « Exposition « Haroon Mirza / hrm199 Ltd » au Tinguely-Museum à Basel. »

« Go down, Moses » de Romeo Castellucci au Maillon à Strasbourg

« Il est temps pour nous de sortir. De partir. Pour nous aussi, il est temps de quitter le temps de l’esclavage. Il est temps d’arrêter de fabriquer les briques du pharaon. 
Les paroles de la mère dans la pièce sont prophétiques. Nous devons les entendre. »

— Roméo Castellucci,
hier soir lors de la rencontre après la représentation de « Go down, Moses » au Maillon

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Romeo Castellucci – photo : alain walther

Il va me falloir un peu de temps pour « redescendre ». Peu de dire que la soirée fut intense. Grave. Profonde. Violente. Tellurique. Vertigineuse. Et étrangement réconfortante. À gratter au plus près de l’os, l’humanité se dévoile. Des femmes et hommes se lèvent, marchent loin des décombres de notre société d’esclavage déguisée…

« Go down, Moses » de Romeo Castellucci à voir jusqu’au samedi 28 mars 2015 au Maillon – Théâtre de Strasbourg.

« Cités végétales en 2115 » de Luc Schuiten au Shadok à Strasbourg

Rapide coup d’oeil en avant-première à l’exposition « Cités végétales en 2115 » de Luc Schuiten au Shadok à Strasbourg. Visions et propositions de villes végétales utopiques. Une utopie qui n’attend qu’à être concrétisée.
Avant les visites proposées les samedis 28 mars 2015 (14h) et 4 avril 2015 (10h et 14h).
Ouverture officielle du Shadok : les 10 et 11 avril 2015.

Dans la continuité de son travail autour du biomimétisme et de la transition écologique vers la ville de demain, Luc Schuiten révèle sa vision futuriste de Strasbourg dans 100 ansAccueilli en résidence depuis février 2014, Luc s’interroge sur l’identité de notre futur et dessine des nouveaux lieux de vie, conçus à partir de l’observation de vastes écosystèmes. A travers différentes perspectives futuristes évoluant dans le temps, un monde cohérent et poétique faisant appel à l’imaginaire se construit progressivement.