Poésie en mouvement : exposition Calder & Fischli / Weiss à la Fondation Beyeler

Un déjà haut tas de feuilles mortes dans un coin du parc, la nuit qui tombe bien avant 21h, les soirs un peu peu plus frais, pas de doute. L’automne commence à s’installer dans nos quartiers de l’hémisphère nord. Vite, profiter des derniers jours de l’été et de quelques expositions encore à l’affiche.

Ainsi, l’exposition Alexander Calder & Fischli / Weiss présentée à la Fondation Beyeler à Riehen / Basel finira le 4 septembre 2016.

La rencontre entre deux univers d’artistes, Calder & Fischli / Weiss, rapprochement un peu improbable sur le papier, produit des effets durables, plutôt joyeux, intranquilles parfois, sur les visiteurs. Une exposition fragile comme un souffle, belle comme une respiration régulière, dans équilibre instable toujours à la limite du fracas du chaos possible.

De la poésie en mouvement.

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Dans un coin de l’entrée, deux grandes peluches, un ours et un rat (mascottes de Fischli & Weiss) siestent. À quoi rêvent-ils ? Un indice : au-dessus d’eux flotte un mobile de Calder. En s’approchant des figures animales fictives, doucement pour ne pas les réveiller, voir le thorax bouger au rythme d’une respiration mécanique. Commencer alors la visite, en gardant le rythme lent et régulier de cette respiration, et commencer le voyage au pays de l’équilibre précaire, joyeux et provocateur.

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L’art de la lumière et du mouvement | Dynamo

Jusqu’au 22 juillet 2013, l’art de la lumière et du mouvement habite une grande partie du Grand Palais à Paris. « Dynamo » est une exposition rétrospective qui couvre un siècle de création, 1913-2013.

Longtemps dénigré, l’art cinétique et celui de la lumière revient en force depuis deux ans. Après la grande rétrospective Julio Le Parc il y a quelques mois au Palais de Tokyo, cette rétrospective réinscrit nombres d’artistes dans un mouvement riche en expériences. Notamment sensorielles. Parfois spectaculaire, certes, cet art poursuit l’interrogation de la réalité par une forme de sculpture. Fut-elle en mouvement ou lumineuse. Au passage, la peinture n’est elle pas avant tout lumière ?

« Le cinétisme ce n’est pas ce qui bouge, c’est la prise de l’inconscience de l’instabilité du réel » (Jean Clay)

De Calder à Kapoor, de nombreux artistes ont traité les notions de vision, d’espace, de lumière et de mouvement dans leurs œuvres, en réalisant souvent des installations dans lesquelles le visiteur est partie prenante : les atmosphères chromatiques et changeantes d’Ann Veronica Janssens, les miroirs kaléidoscopiques de Jeppe Hein ou les réalisations in situ de Felice Varini.

Exposition gargantuesque, peut-être un peu trop dense. L’accrochage essaie de faire au mieux pour éviter les carambolages de type « Lunapark ». Trop dense, elle échoue parfois. Difficile de laisser à certaines oeuvres la possibilités d’exister. Comme toutes les oeuvres d’art, elles ont besoin de laisser au « regardeur » le temps de regarder. Avoir le temps et l’espace pour prendre son temps et laisser infuser les propositions des artistes.  Je pense notamment aux oeuvres de James Turrell. La deuxième pièce présentée de Turrell placée juste à la sortie ne bénéficie pas de l’espace qu’elle mérite.

Faut-il encore que les spectateurs prennent le temps de laisser les oeuvres agir. Beaucoup se comportent comme dans un  « parc d’attraction ». Agaçant à la longue. Mais je ne boude pas mon plaisir. Les occasions de voir de voir de « l’art de la lumière » sont rares.

Voir que les spectateurs sont nombreux et plutôt jeunes est stimulant. Est-ce uniquement le côté ludique qui explique ce succès ?

Je me dis que c’est un surtout un formidable miroir tendu à notre société fluide, mouvante et instable. Pour le pire. Et le meilleur !

Bande annonce de l’exposition « Dynamo » au Grand Palais à Paris.